dimanche 2 juin 2013

La Petite Mosquée de la Rue d'en Haut

La petite mosquée de la Rue d'en Haut, dite "L'Djamaa N'Ath L'Mulud" du nom de son propriétaire et maître d'ouvrage, est un curieux bâtiment...
Au rez-de-chaussée, Dda Meziane At l'Mulud tient une boutique d'un autre temps où se vendent des épices, des herbes médicinales, de la quincaillerie, des colliers, des parfums... En kabyle ce genre de commerce s'appelle Ta3tart.
A l'une des fenêtres ouvertes à l'étage, on aperçoit le micro du muezzin, prêt pour l'appel à la prière.

Propriété de la famille Guers, le bâtiment était à l'origine un hôtel , "L'Hotel des Voyageurs" qui aurait été transformé en mosquée en 1945.
Cette mosquée était donc antérieure à la grande mosquée centrale en ville, construite en lieu et place de l'église après l'Indépendance.

 D'inspiration néo-mauresque, son architecture a été assez bien préservée, du moins en façade. Fenêtres à arcades, colonnes, coupoles, minaret carré venu de Syrie...
Le néo-mauresque est un style architectural teinté d'exotisme qui reprend des éléments d'architectures islamiques anciennes. Prisé par les "orientalistes", occidentaux fascinés par la beauté romantique de l'Orient, il fut introduit au Maghreb durant l'époque coloniale, participant ainsi à une forme d'arabisation des architectures vernaculaires existantes.
Pour en savoir plus sur l'architecture néo-mauresque : cliquez ici .


La taille de la "petite" mosquée, à l'échelle des habitations qui l'entourent, et son alignement à la rue en font  un bâtiment discret malgré son minaret qui se détachait déjà des autres constructions du quartier, comme en témoignent les cartes postales des années 1900.
Le plus intéressant dans cette histoire est de voir comment, d'un point de vue architectural, ce tout petit hôtel a pu être transformé en mosquée... Ce sera pour un prochain épisode...

Sources : historique recueilli par Krim Djerdi auprés des membres de la famille Guers
Photos : Lynda Ouar et Cherif Lahlou

[MISE A JOUR MAI 2018] Visite de la mosquée (plans et photos)

jeudi 7 mars 2013

Djumbo + Victoria 32 = une histoire d'amour...


... des habitants avec leur quartier.

La Cité des 32 logements "Victoria 32" et La Cité des 96 logements "Djumbo" sont
2 bâtiments remarquables de Larbaa Nath Irathen.
Par leur architecture très identifiable d’abord, puis par l’attachement et la fierté qu’expriment leurs habitants envers leur cité.

« Victoria 32, La Belle » se situe prés de la mosquée, à l'amorce de la rue d’en bas.

Cité des 32 logements - "Victoria 32 - La Belle" 

La cité des 96 logements se situe sur un plateau en contrebas de la rue d’en bas, à l’ouest de la ville.
Le nom « Djumbo »  vient de la déformation de "Chambon" ancien parc à fourrages sur lequel la cité à été construite.
Cité des 96 logements - "Djumbo - Rosenheim City"
Ce sont les premières barres de 6 et 7 étages construites dans la ville suite au plan de Constantine de 1958. L’un des objectifs de ce programme de relance économique était la construction de cités de logements « modernes » destinées aux autochtones suivant les modèles construits en métropole (France).

L’accès au bâtiment depuis la rue se fait par un portique puis une coursive menant à l'escalier extérieur reliant tous les étages.
Les logements sont desservis par des coursives extérieures à chaque niveau. On peut rappeler que la coursive est un lieu qui favorise le lien social, les échanges et la communication entre les voisins. Peut-être l'une des raisons qui ont contribué à renforcer le sentiment d'appartenance à un "groupe".

Ces deux édifices sont remarquables par leur architecture assez brutale et belle de lignes horizontales qui marquent fortement le paysage urbain. Simples barres posées sur le sol, suivant leur propre géométrie, sans attaches avec ce qui les entoure et en contraste avec le style des bâtisses coloniales du centre ville.

La cité des 96 logements tout juste achevé
Vue depuis la rue d'en haut en 1960.

La cité des 32 logements dont l'architecture moderne et blanche
 contraste avec les toitures en tuile du centre ville
Vue depuis la rue d'en haut en 1960. 
L'influence du Football ...
"Victoria" est le nom de l'équipe de la cité qui a remporté le tournoi inter-quartier en 1982
"La Belle" avait été donné en 2000 lorsqu'une association de jeunes habitants organisait une collecte pour rénover le bâtiment.

"Rosenheim City" pour les 96 logements était aussi une histoire d'identification des habitants au club de football du même nom.

Le quartier de la rue d'en haut, lui, était appelé "Ipswich Town".

Il serait amusant de dresser une carte de la commune de Larbaa qui illustrerait l'influence du football dans l'esprit et le nom des lieux, tant cette projection d'une passion montre l'attachement des habitants à leur quartier.
Ou du moins d'écrire une histoire du football à Fort-National tant ce sport continue de susciter l'émotion et les souvenirs communs.

Répérage des bâtiments dans la ville



samedi 2 mars 2013

Carte "Premier Jour"

J'ai trouvé cette image d'un timbre de 100F sur le site Delcampe.

En faisant une recherche sur sa date de parution, j'ai trouvé une autre carte représentant la même scène que celle du timbre. Le timbre collé dessus portait le cachet "Premier Jour" en date du 12 déc 1955.

Les collectionneurs de cartes postales appellent ce type des cartes une "carte maximum" : "oblitérée le premier jour, et porte un dessin en rapport avec celui du timbre"



"L'administration postale et des éditeurs philatéliques confectionnent des enveloppes premier jour.

 Elles portent le timbre oblitéré par le cachet premier jour qui porte souvent un dessin en rapport avec le dessin du timbre. Sur le côté gauche de l'enveloppe, une illustration imprimée ou cousue développe le sujet du timbre.

Dans leurs catalogues de vente, certains marchands désignent ces enveloppes par l'abréviation de leur nom en anglais : FDC pour First Day Cover.

Dans la même idée, des cartes postales sont ainsi vendues comme des cartes maximum puisque le sujet de la carte, le timbre et le cachet ont le même sujet en commun. Selon les administrations postales, des notices et documents philatéliques peuvent être proposés oblitérés avec le cachet premier jour."

dimanche 17 février 2013

Les Portes de Fort-National

 La porte d'Alger est l'un des symboles les plus marquant de Fort-National.
Chaque habitant racontant ses souvenirs en viendra toujours à parler des portes de la ville. 
Elle a été photographiée à toutes les époques et jusqu'à présent c'est l'une des représentation les plus populaires parmi les cartes qui se partagent sur internet.

L'accès au Fort était contrôlé par la porte d'Alger à l'ouest et la porte du Djurdjura à l'est.

Porte d'Alger - Côté extérieur indiquant l'altitude de Fort-National 912m


Porte d'Alger - côté intérieur

Les portes de villes : 

Les portes de villes faisaient partie de fortifications. Leurs formes étaient très variées selon les lieux et les époques mais en gardant un but identique : permettre une surveillance et un contrôle des flux entrants et sortant de la zone fortifiée.

Certaines portes étaient conçues dans un but défensif pour retarder l'attaquant dans sa progression. Les troupes chargées de défendre le Fort étaient ainsi protégées et gardaient un avantage sur l'ennemi en le gardant sous ses feux. 



Porte du Djurdjura - Côté extérieur

Porte du Djurdjura - côté intérieur
Les portes pouvaient avoir d'autres fonctions plus symbolique, concrétisant un pouvoir ou une propriété. C'était le cas des portes de Fort-Napoléon dont l'enceinte et les portes n'étaient pas des ouvrages "défensifs" à proprement parler vu l'épaisseur des murs et la simplicité du tracé.


Cela s'explique par l'inégalité d'armement entre les troupes françaises possédant tout un arsenal d'artillerie, (canons, mitraillettes, fusils) et les Kabyles qui n'avaient pas d'armes à feu.

Entre 1871 et 1962, la ville continuait de fermer sa porte le soir aux autochtones. Cette limite a perduré dans la mémoire des habitants longtemps après la destruction des deux portes et peut-être perçue dans leurs mots lorsqu'ils expriment qu'ils sont "de la ville", par leur appartenance aux anciennes familles vivant dans l’actuel centre historique de Larbaa. C'est souvent un sujet de taquinerie entre "ceux de la ville", les vrais, et "ceux des villages environnants.



Vue d'ensemble de Fort-National avec la Porte d'Alger
Messages et symboles : 
Deux inscriptions manuscrites ont été peintes sur les portes, l'une par les autorités françaises sur la porte d'Alger rappelant aux Kabyles leurs devoirs de citoyens français. Et l'autre indiquant que la Kabylie est pour toujours française.

Ces inscriptions rappellent la forte symbolique des portes.


Porte d'Alger

Porte du Djurdjura

La construction des portes de Fort-Napoléon : 
Les premiers plans des portes datent du mois d’août 1857, alors que le Fort lui même est en cours de construction. La première pierre ayant été posée par le maréchal Randon le 14 juin 1857.

Les portes sont des constructions symétriques se composant d'une porte à arcade en pierre, dont l'ouverture fait 3,70 m de largeur par 5,80 m de hauteur. Elles étaient vraisemblablement fermées par de grandes portes en bois ou des grilles métalliques, qu'on peut apercevoir ouvertes sur certaines photos.

Elle est flanquée de deux corps de garde, simples constructions rectangulaires de 4,80 m de largeur par 7,30 m de longueur. Les façades de ces bâtiments sont percées de meurtrières côté extérieur et ouvertes plus largement côté intérieur par une porte et deux fenêtres cintrées.

Leurs noms d'origine étaient porte d'Aboudid (Djurdjura) et porte de Tizi-Ouzou (Alger).

En 1928, un projet de construction d'une 3ème porte avait été envisagée mais nous n'avons pas pu définir sa localisation, malgré la présence d'un plan détaillé de cette porte.



La porte du Djurjura fut démolie en 1974.

La porte d'Alger perdura jusqu'en 1985. Selon un témoignage, à partir de 1963 les corps de gardes furent utilisés par le FLN comme relais de distribution d'habits aux habitants. Vers 1977-78, la baraque (côté rue d'en haut) fut cédée à un commerçant et l'autre servit de coopérative d'état, CAPCS, revendant les fruits te légumes que les "fellahs" algériens produisaient....."où on faisait la queue pour acquérir des pommes de terres, des oeufs et autres denrées".

En 1985, la porte fut heurtée par un camion, et il a été choisi de la démolir.
Il existe une photo montant les pierres de la porte numérotées en vue d'une reconstruction à l'identique mais ces pierres originelles ont disparu.
Le nouvel ouvrage accolé au centre culturel de Larbaa, à l'entrée de la ville est construit avec de toutes autres pierres, bien qu'il suive le calepinage de l'ancienne porte.

Bien que cette construction hybride d'une porte collée à un bâtiment neuf ne soit pas la plus jolie des compositions, elle a le mérite d'avoir conservé une trace de ce qu'étaient ces portes...

Porte d'Alger reconstituée - 2000


Porte d'Alger reconstituée


mercredi 13 février 2013

Dans la boîte à lettre - 1

Depuis que j'achète des cartes postales en ligne, je découvre le drôle d'univers des vendeurs de cartes postales. Leurs envois sont toujours amusants par les contenus, l'écriture, les timbres et autres détails.

Beaucoup d'entre eux ajoutent d'autres cartes postales dans l'enveloppe, en plus du mot de remerciement et de la facture. Un truc de passionnés assurément vu le temps passé, le soin apporté aux envois et le coût dérisoire des cartes allant de 1 à 5 euros pour celles que j'ai achetées. Intrigant...et passionnant :)

Première fois, première émotion : 
Les 2 premières cartes que j'ai acquises d'un même vendeur.
Envoi Standard : soigné dans une petite pochette en plastique. 

Les cartes sont assez petites 13,5cm x 8,7cm mais les photos sont d'une telle netteté et ont un degré de détail qui attire jusqu'à vouloir y pénétrer !




Celui qui recycle d'autres cartes : Il y a ceux qui en profitent pour refourguer une carte postale des années 90 prise gratis dans un bar,
ils collent le timbre à l'envers et ont fait fabriquer un tampon "PHOTOS - SURTOUT NE PAS PLIER - Merci". C'est avec un autre tampon qu'ils indiquent l'adresse de l'expéditeur.
Le mot de remerciement et la facture étaient sur une feuille à part.
Cette carte est l'une des cartes soeurs que j'ai reçues le 12 février.



Le maniaque du timbre poste : 
Il m'a remboursé un trop perçu de 24cts avec des timbres.
D'ailleurs certains vendeurs proposent le règlement des achats par timbres postes.

Sur l'enveloppe, des timbres datant de 1999 en Francs, avec l'équivalent en Euros inscrit dessous en plus petits caractères.

La carte était dans une pochette plastique sur laquelle était collée une étiquette "merci de me noter dés réception".


Celui qui n'est pas drôle : Carte dans une pochette plastique accompagnée d'une carte assez sinistre d'une grotte avec un poème au dos, tout aussi sinistre. Les timbres sont variés.


mardi 12 février 2013

Les Cartes Soeurs

Extraordinaire ! 
J'ai acheté 2 cartes postales anciennes sur internet à 2 personnes différentes, chacune à un bout de la France...et j'ai découvert au dos qu'elles ont été écrites par la même personne .. et de l'écriture la plus minuscule qui soit !
De Fort National en 1909, janvier et avril, l'une vers Le Mans, l'autre vers Oran.

Je les ai trouvées toutes les deux dans ma boîte à lettre ce soir.



dimanche 3 février 2013

La Caserne Rullières - partie 2 - état actuel

Cet article est associé à La Caserne Rullières - partie 1 - 1871

Vue de la façade arrière
J'ai eu la chance de voir la Caserne Rullières et de pouvoir prendre des photos de ce bâtiment, qui est amené à disparaître, en 1999 et en 2000 lors d'une visite d'étude.

Ce bâtiment remarquable n'a fait l'objet d'aucune rénovation, préservation à l'instar de tous les édifices coloniaux, militaires ou civils.

Le pillage de matériaux (bois de la charpente et des menuiseries, fer forgé des escaliers, cuivre des tuyauteries) durant la période d'abandon de la Caserne entre 1997 et 2001 a contribué à le fragiliser.
Sa toiture déjà bien endommagée n'existe plus à présent, ses planchers et tous les ouvrages intérieurs sont donc soumis aux intempéries.

Depuis que l'armée a réinvesti les lieux après les évènements du printemps Noir en 2001, plusieurs bâtiments ont été construits autour de la Caserne Rullières, s'inspirant d'ailleurs de son architecture, mais rien n'a été fait pour ou contre la ruine laissée telle quelle.

Sous d'autres cieux, elle aurait pu être réhabilitée en une belle médiathèque située dans un lieu fantastique.





Façade Principale 

Façade Arrière

Appareillage des fenêtres de la façade principale

Porte d'entrée